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SCIENCES ET SAVOIRS, COMMERCE ET ÉTATS, POLITIQUE ET DÉMOCRATIE 1750-1850
Organisateurs
Ce séminaire est financé par l'IFRIS, l'Institut
Francilien Recherche, Innovation, Société et
relève d'un ensemble de trois séminaires
complémentaires.
Dates et localisation
Le séminaire a lieu mensuellement le jeudi
après-midi, de 14h à 18h, au Centre Alexandre
Koyré (Pavillon Chevreul, Jardin des Plantes).
Participation au séminaire
Ce séminaire est un séminaire de recherche qui
est ouvert à ceux qui le souhaitent. Il est toutefois
recommandé de prendre contact avec l'un des organisateurs
avant la première séance (voir rubrique Contacts).
Propos général
La période 1750-1850 est marquée par
l'émergence d'une
société civile active et
différenciée. Un espace public complexe se
structure autour de nouveaux modes de production et de diffusion de
l'information. Avec l'afflux croissant de
denrées et de produits manufacturés, des formes
inédites de consommation se développent. Cette
situation induit des engouements mais aussi des contestations
nombreuses qui mènent à des formes de
régulation inédites (administrations recourant
à l'expertise des scientifiques, constitution de
contre-expertises locales, plaintes auprès des tribunaux et
décisions de justice amenant à des ajustements de
la part des producteurs). 1750-1850 est
aussi une période de reconfiguration de l'État
marquée par le développement
d'administrations techniques dans des domaines multiples (de
la construction des routes aux techniques agricoles, de la gestion des
ressources aux services d'hygiène), qui prennent
en charge de nouveaux rôles de régulateur, mais
aussi de constructeur, affirmant ainsi que la nature et la
société peuvent et doivent être
redéfinies, réarrangées. Enfin,
cette période est celle d'une globalisation
marchande et politique qui
remodèle les régimes de savoirs et en fait
naître de nouveaux (portant
sur l'administration et l'État, sur les espaces,
les cultures, les
langues, etc.).
Ce séminaire abordera cet ensemble de question autour de
trois axes. Tout d'abord, la question de la
propriété intellectuelle et de la circulation des
savoirs. Dans quelle mesure la figure de l'auteur, la
définition des objets sur lesquels il peut revendiquer des
droits, se transforment durant cette période ? Peut-on
considérer qu'on passe de savoirs «
réservés » à des savoirs
communs, par une formalisation de ces savoirs, par une
dématérialisation ou une
systématisation, par un changement des espaces dans lesquels
ils sont ordinairement situés ? Peut-on parler de la
constitution d'un espace isotrope, à la fois
marchand et ouvert à des participations
multipliées ?
Pour prolonger cette interrogation sur l'émergence
d'un espace possiblement continu, aux
propriétés et aux acteurs uniformisés
ou universalisés, nous reviendrons ensuite sur la nature de
l'espace public et de ses liens avec l'espace de la
consommation. Plusieurs auteurs insistent sur la place centrale des
nouveaux produits et du commerce dans l'émergence
d'une sphère publique à la fois
individualisée et politique. Quelle est la place de la
presse et de la publicité dans la constitution conjointe
d'une sphère publique et d'un
marché ? Dans quelle mesure la figure du consommateur, le
développement des consommations, reconfigurent les espaces
publics ? Ne faut-il pas plutôt penser des espaces et des
opinions publics différenciés ? Les savoirs
scientifiques se constituent-ils ici en autorité dans
l'espace public, et dans quelle mesure des savoirs
alternatifs se forment en regard ?
Enfin, troisième et dernière
thématique, le gouvernement des savoirs, entre sciences
camérales et mise en place des États. Il s'agit
ici de voir ce que les sciences (et les techniques) « font
à l'État », comment se meurt le
système des sciences camérales et comment des
formes plus autoritaires et interventionnistes de gestion des
populations voient le jour, pour leur « bien » et
celui des États. Nous souhaiterions ici mettre en regard le
développement de nouvelles formes de savoir sur les
individus et les territoires, avec les dynamiques d'ensemble
de l'expansion et du gouvernement colonial.
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